Pourquoi je n'utiliserai pas Tunecore pour distribuer ma musique

par Franz Wild • dans Blog Bookmark et Partager

Pourquoi je n'utiliserai pas Tunecore pour distribuer ma musique

Je suis en colère.

Grrr

 

Tout simplement. J'ai reçu il y a quelques jours de cela une proposition de mon distributeur Zimbalam pour distribuer les chansons de mon album "The French House" sur leur nouvelle plateforme "Tune Core". Je ne sais pas pourquoi mais j'avais vraiment du mal avec cette offre, sans même lire dans les lignes. Ce n'est pas de notre époque de faire des fleurs, donc je me suis méfié. 

 

Distribution-tape 

 

Mais curieusement, me voila en train de creuser le dossier et de lire entre les lignes. Après tout, autant m'informer ! Et là, oh! Surprise, le discours est sur le principe alléchant. Tune Core propose de rémunérer les artistes avec 100% des recettes. Bon... La suite est par contre révélatrice du mal qui ronge notre secteur. Si donc, contrairement à Zimbalam qui avait un principe de reversement à 90/10, Tunecore reverse l'intégralité des sommes perçues (100%) il ponctionne des frais annuels de mise en ligne (70 euros). Là où Zimbalam prenait une somme fixe pour la mise à disposition des titres sur les plateformes, Tunecore va plus loin et rationalise l'offre de mise en vente. Vous ne payez plus : Votre album disparait du catalogue de vente. Vu les côtes-part de rémunération, autant dire que cette pratique a pour mérite de donner le ton: à 0,03 centime/titre écouté, il faut 2333 écoutes et à 0,07, il en faut 1000 pour retrouver son premier investissement sans gagner un centime. Hors, les calculs sont assez aléatoires, vous ne saurez jamais combien d'écoute réelle vous avez eu, mais ça je l'explique dans le paragraphe suivant.

Tableau des ventes de musique numérique 2016

Donc, je rappele ici qu'entre 2013 et aujourd'hui, quelque part sur l'agenda des distributeurs numériques tels que Deezer/Spotify et Youtube, les rémunérations sur écoute des titres (streaming) ont considérablement dévoluées. Voyez plutôt le tableau ci-dessus. Aujourd'hui, pour parler techniquement, si vous écoutez le même titre 10 fois de suite, l'artiste ne sera rémunéré qu'une seule fois, car le principe de playlist étant acquis, le titre à été téléchargé une seule fois depuis la plateforme, puis stocké dans votre ordi (les distributeurs estiment que votre titre recevra une seule rémunération)... le tour juridique a été trouvé et c'est maintenant des cacahuètes que nous, artistes, nous percevont pour les écoutes de nos titres.

Mais le principe ne s'arrête pas là. Ce serait trop facile. Le coût de production et de promotion d'un titre ou d'un album reste tout de même très élevé par rapport aux revenus générés. Si l'on considère le travail que fourni chaque musicien, technicien, le coût de la publicité directe sur FB et Instagram ou bien Google ads, le coût de rémunération d'un chargé de communication... Combien de titres à 0,07 cts d'euros faut-il pour rentabiliser la production d'un titre? Combien faut-il de téléchargements pour qu'un artiste commence à vivre de son métier sans perdre de l'argent? 

Donc à moins d'avoir pignon sur rue grâce à un label(et encore il faut voir le modèle économique de chaque production - c'est au cas par cas) , une maison d'édition et une agence de com, autant dire que les artistes indépendants sont de la revue avec les procédés de TuneCore. C'est la mort de l'artisanat musical. Pour l'heure : Vive BandCamp, car rien n'y est opaque. Tout est transparent. Certe pas de rémunération de streaming pour l'heure. Il y a juste une rémunération au pourcentage sur les ventes numériques et physiques. Mais j'ai déjà gagné plus d'argent grâce à cette plateforme durant ces 2 dernières années qu'avec toutes les autres plateformes mentionnées plus haut réunies.

Bancamp logo

 

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